Paris grogne après les meublés saisonniers


Dans la capitale, les locations d’appartements meublés saisonniers, octroyés pour une ou plusieurs nuits, ont le vent en poupe. La mairie de Paris s’inquiète de cette tendance, ne souhaitant pas que le patrimoine locatif de la ville ne soit consacré qu’aux seules fins touristiques.

750 euros la semaine, 150 euros la nuit… Les chiffres ont de quoi donner le tournis aux propriétaires ! Il s’agit, en effet, d’exemples de tarifs qui peuvent être pratiqués sur Paris, pour la mise à disposition de logements touristiques sur une courte durée. Cette forte rentabilité s’accompagne d’une fiscalité ultra intéressante, car ces revenus entrent dans le cadre des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), qui permettent de bénéficier d’un abattement forfaitaire de 50% lorsque les loyers n’excèdent pas 32 100 euros par an. Conséquence directe : un nombre croissant de propriétaires opte pour cette solution de location souple et avantageuse, au détriment des baux traditionnels meublés. Paris compterait au moins 20 000 locations de ce genre*.

Un risque d’amende

La mairie de Paris a décidé de sévir pour empêcher cette dérive, qui tend à transformer la capitale en ville balnéaire où l’on va et vient sans se fixer. Il ne faut pas oublier que la pénurie de logements y est importante, et cette tendance ne permet pas de répondre efficacement à la demande des personnes en quête d’une résidence principale sur une année ou davantage. De plus, la chambre syndicale des hôteliers y voit une concurrence tout à fait déloyale.
Ainsi, la mairie explique avoir envoyé un courrier à plus de 200 propriétaires, leur expliquant qu’ils n’étaient autorisés à louer leur meublé qu’en tant que résidence principale, la conversion en logement touristique nécessitant l’accord de la mairie. En cas de manquement, les contrevenants s’exposeraient à une amende de 25 000 euros.

Une rentabilité énorme

Mais cet avertissement suffira-t-il à enrayer le phénomène ? Un propriétaire confiait récemment au site capital.fr que, vu la hausse des prix d’achat dans l’immobilier parisien, la location temporaire est « le seul moyen aujourd’hui d’avoir des rentabilités intéressantes » Ce même propriétaire avoue toucher environ 2700 euros chaque mois grâce à ce système ! Une rentabilité colossale.
Les propriétaires et agences de location de biens touristiques prônent la réponse à une véritable demande de la clientèle et revendiquent le droit de disposer de leur logement comme ils le souhaitent. Une chose est certaine : la bataille entre la mairie de Paris et les bailleurs de très courte durée n’est pas encore arrivée à son terme.

*Chiffres Mairie de Paris et FNAIM

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3 Commentaires

  • Dziri 16 novembre 2011   Répondre →

    ce genre d’idée augmentera les loyer encore plus sur paris.
    et ça fera plus mal au gens simple (les non touristes)

  • Erik 8 novembre 2011   Répondre →

    Cette tendance est également la conséquence de la surprotection des locataires et des impayés en toute impunités dans notre pays, de ce fait le règlement de la location courte durée etant avant le séjour et sur des locataires qui ne restent pas, le risque tombe à presque 0%, on ne récolte que ce que l’on seme…

  • Clarissa Burberry 6 novembre 2011   Répondre →

    Cette tendance est perverse car elle influe aussi sur les prix des locations permanentes: a Montorgueil un 40m2 est a 2000 euros!!
    Certains quarters touristiques sont devenus inabordables et les prix chassent litteralement les habitants, comme c’est le cas dans ce secteur de la ville Auparavant populaire (mon proprietaire m’a gentiment congedie pour des bresiliens qui payaient 30% plus cher sur une period plus courte et il fut impossible de trouver une autre location decente après deux Mois de recherches avec un budget de Plus de 1200 euros, c’est absurde!!!
    Scandaleux et difficile de comprendre quelle est la politique du logement dans cette ville ou meme les gens qui ont des salaires eleves n arrivent pas a se loger.

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